Phénomèèèèène
Alors, Phénomène, c’est le nouveau film hystérique de M. Night Shyamalan. LE film que j’attendais depuis plusieurs mois. Bon, je ne suis pas fan absolue puisque je soutiens mordicus que Signes n’est pas un bon film et que je n’ai pas vu La jeune fille de l’eau. Malgré tout, pour Phénomène, le buzz internétique a été tel que je ne pouvais pas passer à côté.
J’ai pas fait les choses à moitié. Je n’ai rien voulu savoir sur le film, j’ai évité soigneusement les diverses interviews, bandes annonces, articles à propos du nouveau Shyamalan. Juste pour avoir l’œil alerte et vierge de toute image.
Ne pas lire la suite si vous n'avez pas vu ce film et/ou si vous comptez aller le voir. En gros, spoilers inside.
Eh bien, pour le coup, j’en ai eu pour mon argent ! Faut avouer, la première demie heure en met plein les yeux. Des morts de partout, it’s raining men pour de vrai, ça marche en arrière mais sans moonwalk, ça comprend rien, et nous non plus. Déjà, on pense fin du monde, on pense attaque terroriste, et eux aussi ! Faut dire, aux Etats Unis, il n’y a pas trente six solutions, c’est forcément les terroristes. Mais attention, Mark Whalberg, est prof de sciences (biologie peut être, on ne sait pas trop et à limite on s’en fout !), donc forcément il va avoir une théorie bien sentie sur ce phénomène (d’où le titre, il est intelligent ce M.). Eh bin non ! On le somme de quitter la ville au plus vite et d’emmener ses dossiers avec lui. Oui, bien sûr, c’est la fin du monde, mais il va faire ses devoirs. L’efficacité étatsunienne ! Bref, il rentre chez lui, on découvre une Zooey Deschanel hystérique (nouveau personnage !!), tout en pupille de la taille d’une sous tasse à café, tenter d’user de la force sur son téléphone portable. Actor Studio ! Alors ça fait ses bagages en deux temps trois mouvements, pour pouvoir évacuer la ville au plus vite de cette atroce menace terroriste. Seulement, comme ce n’est pas vraiment un film à suspens, on découvre que (attention tension hystérique) c’est en fait une toxine présente dans l’air qui rend les gens cinglés au point de se suicider. Premier haussement de sourcil. Le vent, c’est mortel. Mais oui ! Voyons ! Bref, s’ensuit un voyage totalement hystérique pour échapper au vent ! Parce que partout où le vent passe, les gens trépassent, et par tous les moyens possibles et imaginables ! Rien n’est trop original : se faire bouffer par des lions, se faire dévorer par une tondeuse ou encore s’exploser la tête contre des vitres jusqu’à ce que mort s’ensuive. C’est fou comme on peut avoir de l’imagination quand on veut mourir. Bref, surtout ne pas voir le film quand on a des tendances suicidaires ! C’est pire que « Ca se discute ». Alors, après des dialogues sur des hot dogs, des plantes, et des théories toutes plus hystériques les unes que les autres, le seul moyen de rester en vie, finalement, c’est de ne pas être plus de cinq, de parler aux plantes en plastiques, d’avouer des tendances pour le sirop pour la toux et surtout ! surtout, ne pas cogner dans une porte en bois pour avoir à manger. Non, faut pas. Finalement, quand t’es trois, tu meurs toujours pas. C’est fou ! Mais là où M. Night est complètement guedin, c’est qu’il nous fait une fin à la romance style Titanic. On se prend la main et on survit ! Mais non !!
Shyamalan réunit absolument toutes les névroses et autres clichés de l’Amérique hystérique post 11 septembre. Les terroristes, l’armée sauveuse du monde, les menaces toxiques de toutes sortes (les plantes quand même ! Faut pas déconner) et j’en passe. Shyamalan se joue de tout ça et nous pond un film complètement surréaliste, alors que le pitch de base était très bon. Les acteurs surjouent tellement qu’on se croirait à certains moments dans une parodie de film catastrophe des frères Zucker. Je ne m’attendais clairement pas à pouffer plusieurs fois et m’étonner qu’une heure seulement se soit passée alors que j’avais l’impression d’être devant l’écran depuis des lustres. Comment ce réalisateur quand même un peu doué (sauf pour Signes, je persiste) a pu commettre une telle bouse ? Il a du se perdre, je ne vois que ça. Alors je suis déception, à trop attendre un film, on s’en fait une idée, et là, je tombe de haut (comme les ouvriers du BTP). Bref, absolument rien de phénoménal à ce Phénomène.
(Article en hommage à Loïc Prigent)